Comment je suis tombé amoureux de l’art
- kevin habouzit
- 24 mars 2025
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 25 mars 2025

Il y a des amours qui naissent dans le tumulte, et d'autres dans le silence. Le mien, avec l’art, s’est glissé doucement d
ans ma vie. Il n’a pas frappé à la porte, il s’est simplement installé quelque part, sans bruit. Et un jour, j’ai compris qu’il avait toujours été là.
Je me souviens des repas de famille et cette grande table, du bruit des fourchettes, des rires, des silences. Et toujours, au bout, assis comme une évidence, mon grand-père. Un homme de caractère, le genre à taper du poing sur la table si quelque chose cloche, mais aussi à rire fort, à faire vibrer la pièce de sa présence.
Il peignait. Des paysages surtout. Des horizons calmes, des forêts paisibles, des chutes d’eau comme figées dans le temps. En face de moi, il y avait ce tableau. Ne cascade, peinte dans des tons gris et bleus, comme un rêve un peu triste. J’y plongeais le regard sans vraiment comprendre pourquoi ça me bouleversait.
Il m’en parlait parfois, mais toujours à demi-mot. Il restait vague, timide. Comme si peindre était quelque chose de trop intime pour être expliqué.Alors je regardais. J’apprenais en silence. J’absorbais sans poser trop de questions.
Chez ma grand-mère — son ex-femme — il y a encore une de ses œuvres. Elle trône, seule, au-dessus de la table, comme un souvenir qui refuse de s’éteindre. Même séparés, même loin, son art est resté. Et moi, je le regarde encore, chaque fois que je passe.
Et puis il y a eu ma tante. Une femme solaire, pleine de vie, de générosité. Elle a cette façon d’être là sans s’imposer, de créer sans bruit mais avec une intensité qui illumine tout ce qu’elle touche.
Un jour, elle m’a tendu un tableau. En forme de cœur orangé, bordé de perles. Je ne sais pas pourquoi ce geste m’a autant marqué. Peut-être parce qu’il est venu sans explication, dans un moment suspendu, comme si elle avait senti que j’en avais besoin. C’était doux, inattendu, et profondément symbolique. Un de ces gestes qui ouvrent des portes silencieuses.
Depuis, je la suis. Je regarde ses œuvres, je m’en imprègne. Elle a un univers à elle, à la fois vibrant, pop, et profondément sensible. Son travail explose de couleurs, de motifs, de tendresse. Il y a dans ses créations une énergie joyeuse, une lumière assumée, parfois teintée de nostalgie. Ses chats fétiches, ses messages dissimulés, ses visages expressifs — tout semble parler d’amour, de résilience, d’un monde intérieur qu’elle reconstruit toile après toile.
Elle manie les symboles comme d’autres manient les silences. Le kitsch devient sacré, le naïf devient puissant. Elle redonne à l’imagerie populaire — maneki-neko, Candy, Frida, cœur rouge vif — une aura presque mystique. Elle ne cherche pas à choquer, mais à envelopper. À faire du bien. À transmettre quelque chose de vivant, d’explosif et doux à la fois.
Je n’ai pas encore vu ses expositions, mais je sais que je finirai par y aller. Elle crée avec audace, avec cœur, avec joie. Et quand elle commente mes publications, je sens dans ses mots une bienveillance rare —un regard qui voit au-delà des images.
Et moi, j’ai commencé. J’ai dessiné. Ma première œuvre, c’était deux femmes siamoises, nues. Un corps double, étrange, sensuel et dérangeant. J’ai senti tout de suite que c’était là que je voulais aller :dans cette tension entre la beauté et l’horreur.
J’aime la nudité, la forme du corps féminin, sa puissance. Mais je l’aime aussi déchirée, recousue, torturée par l’imaginaire. J’aime créer des cauchemars esthétiques, des visions qui bousculent, qui fascinent et qui dérangent.
Je travaille en mélange. Photos, digital painting, peinture acrylique. Tout ce qui me permet d’aller chercher ce que j’ai au fond de moi. Je ne choisis pas l’art. Il s’impose. Il me traverse. Il est vital. C’est une nécessité presque animale, comme une possession douce et permanente.
J’aimerais en vivre, oui. Mais plus encore, je veux continuer. Parce que créer, c’est respirer. C’est exister vraiment. C’est faire naître des mondes quand le nôtre devient trop étroit.
Et parfois, dans le silence de l’atelier, je pense à cette cascade, peinte par un homme discret au bout de la table. Et je comprends que c’est de là que tout est parti.

ARTRAGENS
Digital Artist
Bio
NADEGE SCHWALB, UNE ARTISTE DE SON TEMPS ARTRAGENS
c'est le nom que nadege schwalb a choisi pour signer ses toiles, née en 1977, en région Parisienne, et passionnée de dessin et peinture depuis l'enfance qu'elle a passé dans le sud de la France dans les Cévennes. Entre le rêve et la réalité, tout est possible et tout devient possible pour ARTRAGENS. Artiste autodidacte, elle n’a qu’une envie, partager ses émotions. Curieuse, amoureuse à jamais des couleurs et des matières, sa peinture absorbe son âme et sculpte ses émotions au gré de ses voyages imaginaires et de ses rencontres. Naviguant sans cesse sur la passion et la créativité, elle s’affirme comme une artiste de l’art digital et se laisse surtout guider par l'émotion que dégage l'image, ses formes, ses couleurs et ses textures. Personnalité énergique et attachante, mais avant tout humaine, tout est mouvement et effervescence dans son univers dynamique où le temps semble pourtant s’arrêter pour faire fusionner les matières et figer l’émotion d’un moment, d’une pensée ou d’un sentiment, et pour le rendre accessible pour ceux qui savent voir ou deviner sa personnalité dans ses tableaux foisonnants, ses compositions réalisées à l’acrylique, où s’entremêlent résine, collage, enduit ou même tissus. World art, art abstrait, digital Street Art semblent avoir trouvé une compagne de route à la confluence de l’inventivité et de l’innovation artistique.



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